Historique

L’histoire d’En Marge 12-17

Hiver 1991 – L’idée.

Le directeur de la Fondation Habitat Soleil gare chaque matin sa voiture dans un garage fermé et chauffé. Malaise, lorsqu’il traverse la place Émilie-Gamelin pour rejoindre son bureau. Sa voiture au chaud, et dehors des itinérants, souvent très jeunes. Quelque chose ne marche pas. Il faut ouvrir un lieu : Habitat Soleil murit et porte les prémices d’En Marge, qui deviendra le premier accueil pour les jeunes de la rue au Québec.

Automne 1991 – Convaincre.

Rencontre et consultation des différents acteurs concernés : protection de la jeunesse, postes de police de quartier, organismes oeuvrant en itinérance. Tous s’entendent sur le besoin et la pertinence d’offrir un lieu aux mineurs de la rue. Mais il faut convaincre, rassurer. L’idée d’ouvrir une porte dès 12 ans soulève le débat. Cacherait-on des fugueurs, des jeunes en évasion de garde fermée ? Offrir un abri, et après ? Autour de la table, on discute d’un nom pour la ressource. On allait y accueillir des jeunes exclus de partout. De la sphère familiale, du centre d’accueil, de la société. De la rue elle-même, parfois. Des jeunes passés entre toutes les mailles du tissu social. En marge de tout.

6 janvier 1992 – Premiers pas.

On ouvre la porte au premier jeune accueilli. On commence par un accueil de soir et un hébergement de trois nuits. Il arrive que la porte reste close, faute de fonds. En Marge développe des relations avec les travailleurs de rue du centre-ville, en attendant de créer son propre poste.

1995 – Premières acrobaties.

En Marge rejoint le projet Cirque du Monde.

1996 – Indépendance.

En Marge sort de la Fondation Habitat Soleil pour devenir un organisme à part entière.

1999 – Agrandir la famille.

« Parents en marge de la rue » prend son envol pour répondre aux besoins des parents.

2001 > 2004 – Adapter les services.

L’hébergement dépannage et les visites ne constituent pas un filet suffisamment serré. L’hébergement court terme, proposé aux 16-17 ans, voit le jour. Il est suivi d’un service post hébergement, puis d’un projet pilote de logement social, qui se pérennise.

2001 > 2004 – Faire entrer l’art.

Appareils photo sous le bras, les parents partent à la poursuite de leurs émotions. En résulte Solitudes partagées, une exposition mariant images et textes, par lesquels ces parents témoignent de leur amour, de leur inquiétude, de leur désarroi, mais aussi de leur espoir.

2001 > 2007 – De l’art, encore.

Le projet Vitr’art est mis en place en partenariat avec Plein Milieu et le CSSS Jeanne Mance.

2009 > 2011 – Voir plus grand.

En Marge entame son projet de relocalisation dans des espaces plus propices à son développement, à l’accueil des jeunes, de leurs besoins et de projets d’intervention novateurs. L’achat du presbytère James-Lonergan soulève les discussions autour la table de réunion. Comment arrivera-t-on à garder l’esprit « homie » qui règne à En Marge, qui lui donne cette identité si particulière ? L’exiguïté crée inévitablement des liens. La promiscuité invite à la discussion. Ce ne sont pas seulement les meubles qu’il faudra déménager, mais aussi l’atmosphère. Beau problème, et mission accomplie !

2012 – 20 ans de liens durables.

En Marge célèbre 20 années de découvertes, de collaborations et de moments précieux avec les jeunes, les parents…